Entreprise et collectivité

Les données de la recharge : ce qui est personnel, ce qu'on en fait

Guide LODMI · mis à jour le

L'essentiel

Une infrastructure de recharge produit des données personnelles au sens du RGPD dès qu'une session se rattache à un individu : badge nominatif, compte d'appli, plaque, véhicule de fonction. Horaires, lieux et consommations dessinent des habitudes de déplacement, ce qui en fait des données à traiter sérieusement. Pour l'employeur ou le gestionnaire d'immeuble, les obligations sont celles de tout traitement : finalités définies, la facturation n'autorise pas la surveillance, information des utilisateurs, durées de conservation bornées, accès restreints et sous-traitants encadrés. L'essentiel se règle par le contrat de supervision et une note d'information bien écrite.

Ce que l'infrastructure sait de ses utilisateurs

Chaque session enregistre l'identifiant du badge ou du compte, le point de charge, les horodatages, l'énergie délivrée, parfois l'identifiant du véhicule. Isolée, la donnée semble anodine ; agrégée, elle raconte : heures d'arrivée et de départ d'un salarié, jours de présence, week-ends au dépôt, habitudes d'un résident. C'est cette capacité à révéler les comportements qui qualifie le traitement, pas la technicité du kilowattheure.

Le périmètre RGPD s'arrête où l'individu n'est plus identifiable : les statistiques agrégées d'occupation d'un site, les courbes de puissance anonymisées, les données techniques des bornes n'en relèvent pas. La frontière se joue sur le rattachement à la personne, badge nominatif en tête.

L'employeur et les bornes du parking

  • Finalités à définir et à s'y tenir : facturation, gestion de l'énergie, maintenance. Les données de charge ne sont pas un outil de contrôle des horaires, et les détourner en ce sens expose au contentieux prud'homal autant qu'à la CNIL.
  • Information préalable des salariés : une note claire, quelles données, quelles finalités, quelles durées, et le référent à contacter ; le comité social s'informe de la mise en place comme pour tout dispositif susceptible de suivre l'activité.
  • Le remboursement de la recharge à domicile importe des données du domicile dans l'entreprise : minimisation stricte, les kWh suffisent, pas les horaires détaillés.
  • Accès restreints : le gestionnaire de flotte voit ce que sa mission exige, pas l'historique nominatif complet à toutes fins utiles.

Copropriétés, collectivités, bornes ouvertes au public

En copropriété, le traitement est généralement porté par l'opérateur de supervision qui facture : le syndic veille surtout à ce que le contrat le désigne clairement comme responsable ou sous-traitant, et à ce que les résidents soient informés. Les relevés individuels n'ont pas à circuler en assemblée générale : les totaux anonymisés suffisent aux comptes.

Pour la borne ouverte au public, s'ajoutent les données de paiement et l'itinérance : chaque maillon, opérateur de recharge, plateforme d'itinérance, opérateur de mobilité, traite sa part sous ses propres obligations, les contrats OCPI répartissant les rôles. La collectivité délégante s'assure que sa convention de délégation traite le sujet, c'est devenu un standard des cahiers des charges.

Les bonnes pratiques qui règlent 90 % du sujet

Côté organisation : inscrire le traitement au registre, définir des durées de conservation raisonnables, l'usage courant se satisfait de quelques années pour la facturation, moins pour le détail des sessions, restreindre les accès nominatifs, et écrire la note d'information des utilisateurs en français lisible. Côté contrats : vérifier que la plateforme de supervision héberge en Europe, chiffre les flux, encadre ses sous-traitants et assiste l'exploitant pour les demandes d'accès ou d'effacement.

Rien de tout cela n'est exorbitant : ce sont les réflexes de tout traitement moderne, appliqués à un domaine qui les découvre. Les plateformes sérieuses du marché les intègrent nativement, et c'est un critère de choix que nos équipes intègrent dans leurs cahiers des charges. Pour l'architecture d'ensemble, notre guide OCPP et OCPI replace chaque acteur dans la chaîne de données.

Questions fréquentes

Les données de recharge sont-elles des données personnelles ?

Dès qu'une session se rattache à un individu identifiable, badge nominatif, compte, véhicule attitré, oui : horaires et lieux de charge dessinent des habitudes de déplacement. Les statistiques agrégées et anonymisées échappent en revanche au périmètre.

Un employeur peut-il surveiller les salariés via les bornes ?

Non : les données collectées pour la facturation et la gestion de l'énergie ne peuvent être détournées en contrôle d'activité. Finalités définies, information préalable des salariés et accès restreints sont les garde-fous, classiques en droit du travail comme au RGPD.

Qui est responsable du traitement en copropriété ?

Généralement l'opérateur de supervision qui facture les utilisateurs, le contrat devant le désigner clairement. Le syndic veille à l'information des résidents, et les relevés individuels n'ont pas à circuler en assemblée : les totaux anonymisés suffisent.

Combien de temps conserver les données de sessions ?

Le temps utile aux finalités : quelques années pour les données de facturation, conformément aux prescriptions comptables, moins pour le détail fin des sessions. Des durées définies et appliquées comptent davantage que leur valeur exacte.

Pour aller plus loin

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