OCPP : le lien entre la borne et sa supervision
OCPP, Open Charge Point Protocol, est le langage standard entre une borne et le logiciel qui la pilote. Concrètement, c'est lui qui transporte tout ce qui rend une borne « intelligente » : démarrage et arrêt à distance, autorisation d'un badge, application d'un tarif, relevé des compteurs, remontée des défauts, mise à jour du firmware, et consignes de limitation de puissance pour la gestion de charge.
Son intérêt est d'abord stratégique : une borne OCPP peut changer de plateforme de supervision sans être remplacée. À l'inverse, une borne en protocole propriétaire lie le propriétaire à son fournisseur pour toute la durée de vie du matériel, dix à quinze ans. C'est la première question à poser avant d'acheter.
OCPP 1.6, 2.0.1 : faut-il s'en préoccuper ?
La version 1.6 (en variante JSON) reste aujourd'hui la plus déployée sur le terrain : elle couvre l'essentiel des besoins d'exploitation, y compris le pilotage de puissance via les profils de charge. La version 2.0.1 apporte des évolutions utiles, gestion plus fine de l'énergie, sécurité renforcée, meilleur support du Plug & Charge, mais son adoption est progressive côté fabricants.
En pratique, exiger « OCPP » sans préciser la version suffit dans la plupart des projets : c'est l'ouverture du protocole qui compte, plus que le numéro. LODMI vérifie la compatibilité réelle du matériel avec la supervision au moment du choix, quelle que soit la marque.
OCPI : l'itinérance entre réseaux
OCPI, Open Charge Point Interface, répond à une autre question : comment un conducteur abonné à un opérateur peut-il recharger sur les bornes d'un autre ? C'est le protocole qui fait circuler entre opérateurs les informations de localisation, de disponibilité, de tarif, d'autorisation et de facturation.
Sans OCPI, il faudrait un badge et un compte par réseau. Avec, un seul compte donne accès à des dizaines de milliers de bornes, c'est exactement ce qui permet au badge et à l'application LODMI d'ouvrir plus de 100 000 points de charge en Europe. Côté propriétaire de bornes, l'itinérance rend votre station visible dans les applications de tous les conducteurs, pas seulement des vôtres.
CPO, EMSP : qui fait quoi
- Le CPO (Charge Point Operator) exploite les bornes : supervision, maintenance, tarification. C'est le rôle de LODMI pour les infrastructures qu'il opère.
- L'EMSP (E-Mobility Service Provider) fournit le service aux conducteurs : compte, badge, application, facturation. LODMI l'assure également.
- Le hub d'itinérance met en relation CPO et EMSP à grande échelle, en centralisant les échanges OCPI.
- Un même acteur peut cumuler CPO et EMSP, c'est le cas de LODMI, ce qui simplifie l'interlocuteur pour un site qui veut à la fois équiper et donner accès au réseau national.
Ce que ça implique pour votre projet
Trois décisions découlent de ces protocoles. D'abord, n'achetez que des bornes OCPP : c'est la garantie de pouvoir changer d'exploitant sans changer de matériel. Ensuite, si vos bornes sont ouvertes au public, l'itinérance OCPI n'est pas une option, sans elle, votre station est invisible pour la majorité des conducteurs. Enfin, un parc peut mélanger les marques sans difficulté dès lors que toutes parlent OCPP : c'est ce qui permet de déployer par phases sans se figer sur un fournisseur.
La plateforme Mobigest de LODMI est bâtie sur ces standards : supervision OCPP multi-marques, itinérance OCPI vers les grands réseaux. Parlons de votre parc.