Partir de l'inventaire, pas du parking
Le réflexe consiste à raisonner en pourcentage de places. Sur un chantier, il donne des résultats faux : le parking d'une base vie accueille un mélange de voitures personnelles, d'utilitaires d'entreprises différentes et de véhicules de passage, dont une minorité seulement est électrique.
La bonne base est un inventaire simple, par entreprise présente : combien de véhicules électriques ou hybrides rechargeables, de quel type, et combien de kilomètres ils parcourent par jour. Trois questions posées en réunion de préparation suffisent à l'obtenir.
Le temps de présence décide du ratio
Un véhicule garé de 7 h à 16 h sur une borne de 7,4 kW peut récupérer plus de 50 kWh, soit bien davantage que ce qu'il a consommé pour venir. Il n'a donc pas besoin d'être branché tous les jours : deux véhicules peuvent se partager un point de charge en alternant, à condition que quelqu'un organise le roulement.
À l'inverse, un utilitaire qui enchaîne les allers-retours avec un dépôt ou un fournisseur ne reste branché qu'une heure ou deux. Celui-là a besoin de son point de charge, disponible quand il rentre. Notre guide sur la recharge des utilitaires pendant le poste chiffre ce que rend une pause.
| Profil de véhicule | Présence à la base vie | Ratio indicatif |
|---|---|---|
| Voiture de compagnon, trajet domicile-chantier | Toute la journée | 1 point pour 2 à 3 véhicules |
| Véhicule de conducteur de travaux | Par demi-journées | 1 point pour 2 véhicules |
| Utilitaire d'équipe, rotations dans la journée | 1 à 2 heures à la pause | 1 point par véhicule |
Ordres de grandeur pour des bornes de 7,4 kW. À ajuster selon les kilométrages réels.
Anticiper les phases du chantier
L'effectif d'un chantier n'est pas constant. Il monte avec le gros œuvre, culmine quand les corps d'état secondaires se superposent, puis redescend. Le besoin de recharge suit cette courbe, avec un décalage : les lots techniques arrivent souvent avec des flottes plus électrifiées que le gros œuvre.
Deux précautions évitent de se retrouver à court. Dimensionner le départ électrique et le câblage pour quelques points de plus que le besoin initial, ce qui coûte peu à la pose. Et retenir une formule où l'on ajoute ou retire des points de charge sans tout renégocier, ce que permet un prix par point de charge comme celui de Bornego.
La vraie limite : la puissance, pas le nombre de bornes
Dix points de charge de 7,4 kW ne demandent pas 74 kW. Avec une gestion de charge, la puissance disponible se partage entre les véhicules branchés, et tous ne chargent jamais à pleine puissance en même temps. C'est ce qui permet d'installer plus de points que le branchement ne semble l'autoriser.
Le nombre de points se décide donc avec la puissance réservée au branchement provisoire, et non l'inverse. Si la puissance est déjà figée et serrée, mieux vaut davantage de points pilotés que quelques bornes puissantes qui feront disjoncter la base vie un matin d'hiver.