La règle de calcul, en une ligne
Le temps de recharge s'estime en divisant l'énergie à recharger par la puissance de charge : une batterie de 50 kWh à recharger de 10 à 100 % (soit 45 kWh) sur une borne 7,4 kW demande 45 ÷ 7,4 ≈ 6 heures. Ajoutez 10 à 15 % pour les pertes de charge et le ralentissement en fin de batterie, et vous obtenez une estimation fiable.
Deux limites à connaître : la puissance réelle est plafonnée par le plus faible des deux maillons, la borne ou le chargeur embarqué du véhicule, et la courbe de charge n'est pas linéaire, surtout en recharge rapide.
Les temps de recharge, batterie par batterie
Voici les ordres de grandeur pour un plein de 10 à 100 % en courant alternatif, et de 20 à 80 % en recharge rapide DC (la plage d'usage recommandée) :
| Point de charge | Citadine (40 kWh) | Berline (60 kWh) | SUV (77 kWh) |
|---|---|---|---|
| Prise domestique 2,3 kW | ≈ 17 h | ≈ 26 h | ≈ 33 h |
| Prise renforcée 3,2 kW | ≈ 12 h | ≈ 19 h | ≈ 24 h |
| Borne 7,4 kW | ≈ 5 h 30 | ≈ 8 h | ≈ 10 h 30 |
| Borne 11 kW (triphasé) | ≈ 3 h 30 | ≈ 5 h 30 | ≈ 7 h |
| Borne 22 kW (triphasé)* | ≈ 2 h | ≈ 3 h | ≈ 3 h 30 |
| Borne rapide DC 50 kW (20→80 %) | ≈ 30 min | ≈ 45 min | ≈ 55 min |
| Borne ultra-rapide DC 150 kW+ (20→80 %) | ≈ 20 min | ≈ 25 min | ≈ 30 min |
* si le chargeur embarqué du véhicule accepte 22 kW en courant alternatif, ce qui reste rare, la plupart plafonnent à 7,4 ou 11 kW.
AC ou DC : deux logiques de recharge différentes
En courant alternatif (AC : domicile, entreprise, voirie), c'est le chargeur embarqué du véhicule qui convertit le courant : la puissance est limitée mais l'usage est simple, on branche et on laisse la voiture stationnée. C'est la recharge du quotidien, pensée pour les heures où le véhicule dort de toute façon.
En courant continu (DC, stations de recharge rapide), la borne injecte directement dans la batterie, à des puissances de 50 à plus de 300 kW. C'est la recharge des longs trajets : on récupère 60 % de batterie le temps d'une pause. Sa contrepartie : un coût au kWh plus élevé, et une charge qui ralentit volontairement au-delà de 80 % pour préserver la batterie, d'où l'habitude de repartir à 80 % plutôt que d'attendre les derniers pourcents.
Ce qui peut ralentir la charge
- Le chargeur embarqué du véhicule : une borne 22 kW ne chargera qu'à 7,4 kW si la voiture plafonne à 7,4 kW en AC.
- La température : une batterie froide accepte moins de puissance ; en hiver, la recharge rapide peut être 20 à 30 % plus lente au démarrage.
- Le niveau de batterie : la puissance maximale s'obtient entre 10 et 50 % environ, puis décroît, les derniers 20 % sont toujours les plus lents.
- Le partage de puissance : sur certaines stations, deux véhicules branchés côte à côte se partagent la puissance disponible.
- L'abonnement du logement : à domicile, une gestion dynamique de charge peut moduler temporairement la puissance pour éviter de disjoncter.
Au quotidien : raisonnez en kilomètres par heure de charge
Le « temps du plein » est en réalité une question de voyage, pas de quotidien. Chez vous, ce qui compte est simple : la borne récupère-t-elle chaque nuit les kilomètres consommés dans la journée ? Une borne 7,4 kW rend environ 43 km d'autonomie par heure : même 100 km quotidiens sont effacés en 2 h 30 de charge nocturne.
C'est pourquoi le dimensionnement compte plus que la puissance maximale : une borne adaptée à votre kilométrage, votre abonnement électrique et votre véhicule vaut mieux qu'une borne surdimensionnée. C'est précisément ce que LODMI évalue lors du diagnostic gratuit.