Recharger au quotidien

Long trajet en électrique : charger peu et souvent, ou longtemps et rarement ?

Guide LODMI · mis à jour le

L'essentiel

La recharge rapide n'est pas linéaire : une batterie accepte une grande puissance quand elle est peu remplie, puis la puissance décroît à mesure qu'elle se remplit. Il en découle un résultat contre-intuitif : le trajet le plus rapide est souvent celui qui multiplie des arrêts courts, de 10 à 20 minutes, entre environ 10 et 60-70 %, plutôt que celui qui vise 100 % en moins d'arrêts. Charger plus longtemps reste pertinent quand les bornes sont rares, quand on veut une vraie pause ou avant un tronçon sans équipement. La bonne stratégie dépend donc de la voiture, de sa courbe de charge, de la densité de bornes et de ce qu'on attend d'un arrêt : gagner du temps ou se reposer.

La courbe de charge commande tout

En courant continu, la puissance acceptée par une batterie commence haut, plateau quelque temps, puis chute nettement à partir d'un certain niveau de remplissage, souvent entre 60 et 80 % selon le modèle. La dernière partie de la charge, de 80 à 100 %, peut prendre aussi longtemps que tout le reste. C'est le sens de la courbe de charge.

Le temps d'arrêt ne se compte donc pas en pourcentage mais en kilowattheures ajoutés par minute : les premiers pourcentages en rapportent beaucoup, les derniers très peu. Pour bien cerner le sujet, notre guide sur le temps de recharge donne les ordres de grandeur.

Les stratégies, comparées

StratégiePrincipeQuand elle se justifie
Arrêts courtsCharger entre 10 et 60-70 %, là où la puissance est la plus hauteAxes bien équipés, voiture à bonne courbe de charge, priorité au temps
ÉquilibréeViser environ 80 % à chaque arrêtCas général : bon compromis entre temps et nombre d'arrêts
Peu d'arrêtsCharger plus haut, jusqu'à 100 % si utileBornes rares, besoin d'une vraie pause, tronçon sans équipement
OpportunisteCompléter à chaque occasion qui se présenteTrajets avec des arrêts déjà prévus : repas, visite, plein de courses

La meilleure stratégie varie selon le modèle de voiture et la densité de bornes sur l'itinéraire.

Ce qui fait pencher la balance

  • La courbe de la voiture : une batterie qui tient la puissance longtemps pardonne les charges longues, une batterie qui s'essouffle tôt pousse aux arrêts courts.
  • La température : une batterie chaude charge plus vite, d'où l'intérêt du préconditionnement avant la borne.
  • La densité de bornes : sur un axe saturé de points de charge, un arrêt manqué coûte peu ; sur une route de campagne, il faut une marge.
  • La file d'attente et la disponibilité réelle, qui rendent parfois préférable une charge plus longue sur une borne libre qu'un arrêt court sur une borne occupée.
  • Le besoin humain : une pause de trente minutes pour déjeuner s'accorde bien avec une charge à 80 %, même si elle n'est pas optimale sur le papier.

Laisser un outil comparer

À la main, comparer plusieurs scénarios est fastidieux. Un planificateur le fait pour vous, à partir de la consommation réelle de votre voiture, de sa courbe de charge, du relief et de la météo : le planificateur d'itinéraire LODMI évalue plusieurs stratégies et met en avant la plus rapide, en s'assurant que chaque arrêt tombe sur une borne réellement disponible.

Pour construire ses propres repères, le guide du premier long trajet propose une règle simple de marge à l'arrivée, qui s'applique quelle que soit la stratégie retenue.

Questions fréquentes

Vaut-il mieux charger à 80 % ou à 100 % en voyage ?

Ça dépend : 80 % est souvent plus rapide parce que la puissance chute ensuite, mais viser 100 % se justifie avant un long tronçon sans borne. Le mieux est de calculer ce dont on a besoin jusqu'à la prochaine borne, avec une marge.

Pourquoi faire des arrêts courts plutôt qu'un long ?

Parce que la puissance est maximale quand la batterie est peu remplie : quinze minutes à bas niveau rapportent plus d'énergie que quinze minutes en fin de charge. Le total de temps à la borne peut donc diminuer.

Un arrêt de plus fait-il vraiment perdre du temps ?

Chaque arrêt ajoute le détour, le branchement et le débranchement, de l'ordre de quelques minutes. Si la puissance gagnée compense ce temps fixe, le trajet global est plus court malgré l'arrêt supplémentaire.

La température change-t-elle la stratégie ?

Oui : une batterie froide charge lentement, et la puissance maximale n'est atteinte qu'une fois chaude. Préchauffer la batterie en roulant vers la borne améliore sensiblement la vitesse du premier arrêt.

Pour aller plus loin

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