Comment ça marche
Deux bobines se font face : l'une dans un tapis posé ou encastré au sol, branchée au réseau, l'autre sous le plancher de la voiture, reliée à la batterie. Un courant alternatif à haute fréquence dans la première crée un champ magnétique, que la seconde transforme à nouveau en courant. Le conducteur n'a plus qu'à se garer au bon endroit, avec une aide au positionnement qui guide la manœuvre.
Des garde-fous sont indispensables : détection d'objets métalliques entre les plaques, qui chaufferaient, et détection de présence vivante, qui coupe le transfert si un animal passe dessous. Une norme internationale en cours de déploiement vise à rendre les équipements de différents fabricants compatibles.
Ce qu'on en attend
- Aucun geste : on se gare, la recharge démarre, sans câble à sortir, à ranger ni à manipuler sous la pluie.
- L'accès à la recharge pour des personnes à mobilité réduite, pour qui le câble est un obstacle.
- La recharge d'opportunité automatique : un taxi, un bus ou un véhicule de livraison peut se compléter à chaque arrêt, sans intervention.
- L'indispensable pour les véhicules sans conducteur, qui n'ont personne pour brancher.
Ce qui freine
Le rendement est la première limite : l'énergie perdue dans le couplage s'ajoute aux pertes habituelles, de sorte que la recharge sans fil rend moins qu'une recharge par câble, avec une perte annoncée de l'ordre de 10 % ou davantage selon l'alignement. Sur un véhicule rechargé chaque jour, ce supplément se paie à la facture.
Le coût est la seconde : un système au sol et un récepteur sous la voiture coûtent bien plus cher qu'une borne murale. Enfin, le positionnement demande de la précision, et l'offre sur les voitures neuves reste, à ce jour, très limitée, souvent en option ou réservée à des pilotes.
Là où elle a déjà du sens : flottes et automatisation
Le sans-fil prend tout son intérêt quand le conducteur disparaît de l'équation. Un bus qui s'arrête à chaque terminus, un taxi qui attend en file ou un véhicule autonome qui rejoint seul sa place de recharge n'ont pas de main pour brancher : l'induction rend la recharge d'opportunité automatique, ce que la recharge sans geste ISO 15118 permet déjà côté authentification sur les bornes à câble.
Pour une flotte d'entreprise rechargée au dépôt, en revanche, la borne câblée supervisée reste la solution la plus économique : le temps de branchement est négligeable devant la nuit de stationnement, et la supervision apporte le suivi des consommations et des accès que l'induction ne remplace pas.
Faut-il attendre ?
Non. Une borne câblée est mature, économique et standardisée, et la plupart des voitures actuelles ne sauraient pas recevoir d'induction. Attendre une technologie qui n'arrive pas sur le marché grand public, c'est se priver de la recharge à domicile qui fait l'avantage principal de l'électrique.
La bonne approche consiste à préparer l'installation pour une borne classique, avec une puissance adaptée comme l'explique notre guide sur le choix de la puissance. Si l'induction se généralise, elle s'ajoutera à l'existant plutôt que de le remplacer.