Les trois paramètres du calcul
Le premier est l'intensité : un conducteur trop fin chauffe, et la norme fixe des courants admissibles selon la section et les conditions. Une borne 7,4 kW monophasée appelle 32 ampères en continu pendant des heures, un régime plus exigeant que la plupart des circuits domestiques, ce qui explique qu'on ne réutilise pas la ligne d'une prise existante.
Le deuxième est la longueur, via la chute de tension : la résistance du cuivre fait perdre de la tension sur le trajet, et cette perte se transforme en chaleur. On vise en pratique 3 % au plus, et c'est ce critère, plus que l'échauffement, qui commande les longues distances, comme le détaille notre guide de l'alimentation d'un bâtiment annexe.
Le troisième est le mode de pose et l'environnement : sous gaine encastrée dans un mur isolé, en apparent ventilé, enterré sous fourreau, groupé avec d'autres circuits, chaque configuration change la capacité du câble à dissiper sa chaleur, donc la section requise pour la même intensité.
Les ordres de grandeur usuels
| Distance tableau vers borne | Borne 7,4 kW monophasé | Borne 11 kW triphasé |
|---|---|---|
| jusqu'à 10 m | 6 mm² | 2,5 à 4 mm² par phase |
| 20 à 30 m | 10 mm² | 6 mm² par phase |
| 40 à 50 m | 16 mm² | 10 mm² par phase |
| au-delà de 60 m | 25 mm² et étude dédiée | étude dédiée |
Valeurs indicatives à titre pédagogique, pour une chute de tension d'environ 3 %. Le calcul réel intègre le mode de pose, la température ambiante, le groupement de circuits et le régime de neutre : il appartient à l'installateur.
Pourquoi il est souvent malin de surdimensionner
- Le câble est la partie non remplaçable de l'installation : la borne se change en une heure, la ligne enterrée non.
- Le surcoût de la section supérieure se compte en dizaines d'euros sur une pose courante, contre des centaines pour une reprise ultérieure.
- Une section généreuse permet de monter en puissance plus tard, seconde voiture ou passage au triphasé, sans retoucher au chemin de câble.
- Elle réduit les pertes en ligne, donc la consommation inutile, sur toute la durée de vie de l'installation.
- C'est l'une des anticipations que notre guide des erreurs à éviter place en tête des regrets.
Pourquoi ce calcul n'est pas un exercice d'amateur
Un calcul de section complet croise le courant d'emploi, le courant admissible corrigé par les facteurs d'influence, la chute de tension, le pouvoir de coupure et la sélectivité des protections, la longueur maximale protégée en cas de court-circuit, et le régime de neutre de l'installation. Se tromper ne se voit pas : un câble sous-dimensionné fonctionne, il chauffe simplement plus qu'il ne devrait, année après année.
C'est l'une des raisons de fond de l'exigence de qualification IRVE au-delà de 3,7 kW, et l'un des points que le Consuel vérifie. Notre guide sur les risques de l'installation par soi-même développe cet aspect : ce n'est pas le montage du boîtier qui pose problème, c'est tout ce qui se calcule avant.