La différence technique, en clair
Une batterie ne se recharge qu'en courant continu. La seule question est donc : où se fait la conversion du courant alternatif du réseau vers le continu de la batterie ?
En AC, la conversion est réalisée par le chargeur embarqué du véhicule. La borne se contente de délivrer du courant alternatif de façon sécurisée : elle est simple, compacte et peu coûteuse, mais la puissance est plafonnée par ce chargeur embarqué, souvent 7,4 ou 11 kW.
En DC, la borne embarque elle-même l'électronique de conversion, bien plus volumineuse et coûteuse, et injecte directement dans la batterie. C'est ce qui permet 50, 150 ou 400 kW, et ce qui explique l'écart de prix.
Le comparatif
| Critère | Borne AC | Borne DC |
|---|---|---|
| Puissance usuelle | 7,4 à 22 kW | 50 à 400 kW |
| Temps pour 100 km | 1 h 30 à 2 h 30 | 10 à 20 minutes |
| Budget indicatif posé | 1 200 à 5 000 € HT | 25 000 à 35 000 € HT (50 kW) |
| Emprise au sol | Murale ou petit pied | Armoire + génie civil |
| Impact sur le raccordement | Modéré, gérable en load balancing | Fort, renforcement fréquent |
| Limite de vitesse | Chargeur embarqué du véhicule | Courbe de charge de la batterie |
| Site adapté | Stationnement long | Passage court |
Le vrai critère : combien de temps les véhicules restent-ils ?
C'est la question qui tranche, et elle est plus fiable que toutes les considérations de puissance. Une borne doit rendre l'autonomie nécessaire pendant que le véhicule est là, pas plus vite.
Un salarié stationne huit heures : une borne 7,4 kW lui rend plus de 300 km, largement au-delà de son besoin. Installer du DC sur ce parking reviendrait à payer dix fois le prix pour un service identique, et à mobiliser une puissance de raccordement considérable pour rien.
À l'inverse, un client de supermarché reste quarante minutes. En AC, il repart avec 30 km : sans intérêt. En DC 50 kW, il récupère 150 à 200 km, le service devient réel, et justifie l'investissement.
Quel type pour quel site
- Parking de salariés, résidence, copropriété, hôtel : AC 7,4 à 22 kW, en nombre, avec gestion de charge pour multiplier les points sans renforcer le raccordement.
- Commerce, restaurant, zone commerciale : au moins un point DC pour le passage, complété d'AC pour les stationnements longs.
- Flotte en rotation, utilitaires, taxis : DC dimensionné sur le rythme des tournées, l'immobilisation coûtant plus cher que la borne.
- Station, axe routier, hub : DC haute puissance uniquement, avec plusieurs points simultanés.
- Concession, atelier : mixte, AC pour la préparation des véhicules, DC pour les essais et le SAV.
Le coût caché du DC : le raccordement
Le prix de la borne n'est que la partie visible. Une borne DC de 50 kW mobilise l'équivalent de la puissance d'une quinzaine de logements : selon la puissance déjà souscrite sur votre site, le renforcement du raccordement peut représenter un budget et un délai comparables à ceux de l'équipement lui-même.
C'est pourquoi tout projet DC commence par une étude de faisabilité électrique, avant même le choix du matériel. Il n'est pas rare qu'elle conduise à une solution intermédiaire : un parc AC intelligent immédiatement, un point DC dans une seconde phase, après renforcement.
La solution mixte, souvent la plus juste
Beaucoup de sites n'ont pas à choisir : ils accueillent à la fois des stationnements longs et du passage. La réponse la plus économique consiste alors à couvrir le volume en AC, peu cher, multipliable grâce à la gestion de charge, et à réserver un ou deux points DC aux usages rapides.
Cette architecture permet aussi d'échelonner l'investissement : l'AC d'abord, le DC quand la fréquentation le justifie, en ayant prévu dès la première tranche les fourreaux et la puissance nécessaires. LODMI dimensionne ces scénarios lors de l'étude. Faites étudier votre site.