Deux séries de règles qui se cumulent
Une installation de chantier est considérée comme un environnement à risque : matériel déplacé, intempéries, personnel changeant. La norme NF C 15-100 lui consacre des prescriptions particulières, qui renforcent les exigences de protection par rapport à un bâtiment ordinaire.
La recharge des véhicules électriques fait l'objet d'une autre partie de la même norme. Elle impose notamment un circuit spécialisé par point de charge et une protection différentielle propre. Sur une base vie, les deux s'appliquent ensemble : la borne n'est ni un simple récepteur de chantier, ni une borne de parking classique.
Les protections à chaque point de charge
- Un circuit dédié, avec son disjoncteur calibré pour la puissance de la borne : pas de borne en dérivation sur un circuit de prises.
- Un dispositif différentiel 30 mA par point de charge, d'un type capable de traiter les composantes continues qu'un véhicule peut générer. Notre guide sur le différentiel de type B explique pourquoi.
- Une mise à la terre vérifiée : sur un chantier, la prise de terre est provisoire elle aussi, et sa valeur doit être mesurée.
- Une protection contre les surtensions lorsque l'analyse du site le demande.
- Un dispositif de coupure accessible, identifié, connu du chef de chantier.
Matériel et câbles : l'épreuve du terrain
Le matériel doit afficher des indices de protection à la hauteur : étanchéité à la poussière et aux projections d'eau, résistance aux chocs. Une borne conçue pour un garage ne tient pas une saison au bord d'une piste de chantier. Les mêmes exigences valent pour les coffrets et les connexions, comme le rappelle notre guide sur les bornes en extérieur.
Les câbles d'alimentation sont le point faible. Ils doivent cheminer hors d'atteinte des roues, en hauteur le long des bungalows ou sous des passages de câbles prévus pour le roulage. Le câble de recharge lui-même, celui qui relie la borne au véhicule, ne doit jamais traverser une voie de circulation.
Vérifier, puis revérifier
Avant la mise en service, l'installation fait l'objet des mesures de contrôle habituelles : continuité des protections, isolement, déclenchement des différentiels. Sur un chantier, ces vérifications ne sont pas un acte unique. L'installation électrique provisoire est modifiée au fil des phases, et chaque modification peut affecter ce qui est en aval.
Les bornes entrent donc dans les vérifications périodiques de l'installation de chantier. Un contrôle visuel régulier complète le dispositif : état des câbles, des connecteurs et des supports, absence d'eau dans les coffrets. La rallonge domestique branchée sur un bungalow pour « dépanner » est précisément ce que ces règles servent à éviter.