Comprendre la voiture électrique

La pompe à chaleur d'une voiture électrique : utile ou gadget ?

Guide LODMI · mis à jour le

L'essentiel

En hiver, le chauffage de l'habitacle est le plus gros consommateur d'énergie après la traction, et sur un petit trajet il peut peser davantage que le roulage lui-même. Une résistance chauffante transforme 1 kWh d'électricité en 1 kWh de chaleur ; une pompe à chaleur, qui déplace la chaleur au lieu de la fabriquer, en restitue généralement deux à trois fois plus pour la même énergie consommée. Le gain est réel surtout en ville et sur trajets courts, quand il fait frais mais pas glacial ; il s'érode quand le thermomètre plonge nettement sous zéro. Elle se justifie pour qui roule beaucoup en hiver et ne peut pas préchauffer branché, beaucoup moins pour qui roule peu ou habite un climat doux.

Fabriquer de la chaleur ou la déplacer

Une voiture thermique chauffe gratuitement : le moteur dégage de la chaleur perdue, qu'il suffit d'envoyer dans l'habitacle. Le moteur électrique, lui, a un excellent rendement et dégage très peu de chaleur : il faut donc produire celle du chauffage avec de l'électricité de la batterie, et c'est ce qui se voit sur l'autonomie quand il fait froid, comme le détaille notre guide sur l'autonomie en hiver.

La solution la plus simple est la résistance chauffante, qui fonctionne comme un radiateur électrique : chaque kilowattheure puisé dans la batterie devient un kilowattheure de chaleur, pas un de plus. La pompe à chaleur fonctionne comme un réfrigérateur à l'envers : elle capte la chaleur de l'air extérieur, de la batterie ou du moteur et la concentre dans l'habitacle. Pour un kilowattheure consommé, elle en restitue plusieurs, ce rapport s'appelant le coefficient de performance.

Ce que ça change vraiment sur l'autonomie

Le gain dépend de trois choses : la température extérieure, la durée du trajet et la façon de chauffer. Sur un trajet court, le chauffage représente une grande part de la consommation, puisque l'habitacle doit être monté en température alors que la voiture roule peu : c'est là que la pompe à chaleur rapporte le plus. Sur un long trajet autoroutier, la traction domine et le poids relatif du chauffage diminue, donc le gain aussi.

À titre d'ordre de grandeur, la différence se chiffre en quelques pourcents d'autonomie hivernale jusqu'à une dizaine de pourcents dans les conditions les plus favorables, selon les essais et les modèles. Ce n'est pas un chiffre à retenir comme une promesse : c'est l'ordre de grandeur qui justifie, ou non, un surcoût d'option.

Ses limites par grand froid

  • Le rendement baisse avec la température extérieure : plus l'air est froid, moins il y a de chaleur à capter, et le coefficient de performance se rapproche de celui d'une simple résistance.
  • Beaucoup de systèmes s'appuient sur une résistance d'appoint quand il fait vraiment très froid, ce qui réduit l'avantage dans les situations où l'on en aurait le plus besoin.
  • Elle ne réchauffe pas la batterie de la même façon : la batterie froide recharge plus lentement et délivre moins de puissance, un sujet que le préconditionnement traite mieux que n'importe quelle option de chauffage.
  • Elle ajoute de la complexité : circuits de fluide, vannes, capteurs, dont la fiabilité à long terme dépend de la conception propre à chaque constructeur.

Les gestes qui pèsent autant que l'option

Avant de payer une option, trois habitudes font souvent autant : préchauffer l'habitacle voiture branchée, ce qui puise l'énergie sur le réseau et non dans la batterie ; privilégier les sièges et le volant chauffants, qui chauffent le corps et non tout le volume d'air, pour une consommation bien plus faible ; et abaisser de quelques degrés la consigne plutôt que de viser un habitacle tropical.

Si vous rechargez chez vous la nuit, le préchauffage programmé avant le départ neutralise l'essentiel du coût du chauffage au démarrage. C'est un argument fort contre l'option pour qui dispose d'une borne à domicile, et un argument pour elle quand on n'a que de la recharge publique.

Questions fréquentes

Une pompe à chaleur fonctionne-t-elle quand il gèle ?

Oui, mais avec un rendement qui diminue à mesure que la température baisse. Par très grand froid, beaucoup de systèmes s'appuient en partie sur une résistance d'appoint, et l'avantage sur une voiture sans pompe à chaleur s'amenuise.

Peut-on ajouter une pompe à chaleur après l'achat ?

Non, ce n'est pas une option réaliste : elle fait partie de l'architecture thermique de la voiture et se choisit à la commande, sur les modèles qui la proposent. Certains modèles l'ont de série, d'autres jamais.

Vaut-elle le coup si je roule surtout en ville ?

Oui, c'est précisément là qu'elle rapporte le plus : sur de courts trajets, le chauffage pèse lourd dans la consommation. Si vous préchauffez branché, l'intérêt diminue, puisque l'énergie vient alors du réseau.

Comment savoir si ma voiture en a une ?

La fiche technique ou la liste des équipements de votre finition l'indique, et le manuel décrit le circuit de chauffage. Sur nos fiches véhicules, l'information figure lorsqu'elle est connue.

Pour aller plus loin

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