Entre passagers : partager les frais, pas les bénéfices
En covoiturage, le principe est de partager les frais du trajet entre le conducteur et ses passagers, sans que le conducteur n'en retire un gain. Le coût de l'énergie, kilowattheures achetés sur le trajet ou part de la recharge à domicile, fait partie de ces frais, au même titre que le carburant d'une voiture thermique. Les plateformes de covoiturage proposent généralement une contribution maximale par passager et par trajet.
Pour une recharge à domicile, on valorise le trajet au prix réel du kilowattheure consommé : notre guide pour calculer ses économies donne la méthode pour passer de la consommation du véhicule au coût du trajet.
Une borne, plusieurs utilisateurs
- Un compteur par utilisateur ou un suivi par badge : sans mesure, tout partage est approximatif, et c'est la première source de tension.
- Un compteur MID : le seul dont la précision est reconnue pour facturer de l'énergie.
- Un prix du kilowattheure clair et partagé, qui reprend le tarif du contrat d'électricité et éventuellement une part d'amortissement de la borne.
- Un relevé régulier, mensuel par exemple, avec règlement à date fixe.
- Des règles d'usage écrites : priorité, plages horaires, que faire en cas de panne.
Quel prix du kilowattheure retenir
Le plus simple et le plus juste est de reprendre le prix du kilowattheure de votre contrat d'électricité, le même pour tous, éventuellement distinct selon les heures si l'on charge surtout la nuit, comme l'explique le guide sur le contrat d'électricité pour recharger. On peut y ajouter, d'un commun accord, une petite part pour l'amortissement et l'entretien de la borne : à condition que ce soit écrit et que chacun l'accepte.
Un exemple illustratif, avec un prix supposé de 0,20 € le kilowattheure : une recharge qui a fait passer 30 kWh au compteur de la borne se partage sur la base de 6 €. Rappelez-vous que l'énergie mesurée à la borne est celle qui sort du réseau, légèrement supérieure à celle qui arrive dans la batterie à cause des pertes de charge : se mettre d'accord sur le point de mesure, la borne plutôt que la voiture, évite de discuter de quelques centimes.
Les outils, du simple au complet
La solution la plus simple est un relevé manuel de l'index du compteur de la borne à chaque fin de mois, reporté sur un tableau partagé. Elle suffit pour deux utilisateurs de bonne foi, mais elle manque de preuves en cas de désaccord.
Une borne connectée enregistre chaque session avec le badge ou l'utilisateur identifié, la durée et l'énergie, et l'exporte automatiquement. C'est le niveau recommandé dès que le partage dépasse deux personnes ou qu'une somme significative est en jeu. Pour les copropriétés, le guide sur la facturation de l'infrastructure collective transpose ces principes à l'échelle d'un immeuble.
Les limites à garder en tête
Facturer de l'électricité à un tiers de façon régulière et lucrative ne relève plus du simple partage de frais : on n'est plus dans le cadre d'un remboursement, et les règles applicables à la revente d'énergie ou à l'exploitation d'une borne ouverte au public peuvent s'imposer. La frontière dépend du montant, de la fréquence et de la nature du lien entre les personnes.
Pour un usage entre voisins ou colocataires, la borne partagée entre voisins détaille la mise en place. Dès que l'activité prend une dimension commerciale, mieux vaut se renseigner, ou se tourner vers un exploitant, un sujet traité dans le guide pour choisir un CPO exploitant.