Entreprise et collectivité

Quel tarif appliquer sur ses propres bornes

Guide LODMI · mis à jour le

L'essentiel

Trois politiques cohabitent, chacune défendable. La gratuité, qui traite la recharge comme un service d'attractivité et se justifie sur un petit nombre de bornes fermées : simple, mais elle génère des comportements de place ventouse si aucune durée n'est encadrée. Le coût réel, qui refacture l'électricité consommée sans marge : le plus lisible, et le plus fréquent en entreprise. Et le tarif majoré, qui couvre en plus l'amortissement, la maintenance et la supervision : nécessaire dès que les bornes sont ouvertes à des tiers. Dans tous les cas, deux règles : afficher clairement, et prévoir des frais d'occupation après la fin de charge.

Les composantes du coût réel de votre site

Avant de fixer un prix, connaissez votre coût. Il comprend l'énergie au tarif de votre contrat, la part d'abonnement de puissance imputable aux bornes, l'amortissement de l'investissement et du raccordement, la maintenance et la supervision, et sur les sites ouverts, les frais de transaction et d'itinérance. Notre guide sur le prix de la recharge rapide détaille cette structure.

Le calcul surprend souvent : sur un site peu utilisé, le coût complet au kilowattheure dépasse largement le prix de l'énergie, les coûts fixes se répartissant sur peu de sessions. C'est une information utile même si vous choisissez la gratuité : au moins vous savez ce que vous offrez.

Les trois politiques, et leurs effets

PolitiquePour quiEffet observé
GratuitPetit parc fermé, service d'attractivitéPlaces ventouses si durée non encadrée
Coût réel de l'énergieEntreprises, copropriétésLisible, bien accepté, sans effet pervers
Coût completSites à équilibre économique viséCouvre l'amortissement et la maintenance
Tarif de marchéBornes ouvertes au publicNécessaire pour l'équilibre et l'itinérance

Quelle que soit la politique, les frais d'occupation après la fin de charge sont l'outil le plus efficace pour faire tourner les places, y compris en gratuité.

La gratuité : ses mérites et son piège

Offrir la recharge se défend parfaitement : c'est un avantage salarial apprécié, un argument commercial pour un commerce, et cela évite les frais de gestion d'une facturation. Notre guide sur la recharge en entreprise gratuite ou refacturée pèse les arguments côté employeur.

Son piège unique mais systématique : sans encadrement de durée, la place gratuite se transforme en place de stationnement. La parade est simple et ne remet pas en cause la gratuité de l'énergie : une durée maximale signalée et des frais d'occupation au-delà. On offre l'électricité, pas la place.

Les deux règles qui valent dans tous les cas

Première règle : afficher. Le tarif, la durée maximale, les frais d'occupation et le contact doivent être visibles sur place et dans l'application, comme le rappelle notre guide de la signalétique. Un tarif non affiché est un litige en préparation, et sur les bornes accessibles au public, l'affichage relève d'obligations d'information du consommateur.

Seconde règle : prévoir les frais d'occupation après la fin de charge. C'est l'outil le plus efficace pour faire tourner un parc, bien plus que les rappels et les mots sur les pare-brise, comme le montre notre guide de l'étiquette de la recharge. Ils ne rapportent presque rien, et c'est exactement le but : leur existence suffit à changer les comportements. Nos configurations de supervision les intègrent d'office, avec un délai de grâce raisonnable.

Questions fréquentes

Faut-il faire payer la recharge sur son site ?

Les trois politiques se défendent : gratuité comme service d'attractivité, coût réel de l'énergie, ou coût complet couvrant amortissement et maintenance. Le choix dépend de votre objectif, mais dans tous les cas il faut encadrer la durée.

Comment calculer son coût réel au kilowattheure ?

En additionnant l'énergie, la part d'abonnement de puissance imputable, l'amortissement de l'investissement et du raccordement, la maintenance et la supervision. Sur un site peu utilisé, le résultat dépasse largement le prix de l'énergie seule.

La gratuité pose-t-elle problème ?

Uniquement par les places ventouses : sans durée encadrée, une place gratuite devient une place de stationnement. La parade est d'offrir l'électricité mais pas la place, avec une durée affichée et des frais d'occupation au-delà.

À quoi servent les frais d'occupation ?

À faire tourner les places, bien plus efficacement que les rappels. Ils ne rapportent presque rien, et c'est le but : leur seule existence change les comportements et libère les bornes après la fin de charge.

Pour aller plus loin

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