Chantier et base vie

Recharge et compte prorata : qui paie quoi ?

Guide LODMI · mis à jour le

L'essentiel

Deux logiques coexistent. L'équipement, c'est-à-dire les points de charge mis à disposition de tous, se traite comme une dépense commune et peut entrer au compte prorata, à l'image des bungalows. L'énergie, elle, dépend de l'usage de chacun : la répartir au prorata des marchés ferait payer les recharges des uns par les autres. Comme la supervision mesure la consommation par badge, le plus juste est de refacturer l'électricité au réel.

Rappel : ce que couvre un compte prorata

Le compte prorata regroupe les dépenses d'intérêt commun d'un chantier, celles qui profitent à toutes les entreprises sans pouvoir être rattachées à un lot : consommations d'eau et d'électricité, nettoyage, gardiennage, entretien de la base vie. Elles sont avancées par un gestionnaire, souvent l'entreprise de gros œuvre, puis réparties entre les intervenants, généralement au prorata du montant de leurs marchés.

Ce qui entre ou non dans le compte est fixé par les pièces du marché et par la convention de compte prorata signée entre les entreprises. C'est donc là, et pas en cours de chantier, que la recharge doit être prévue.

Distinguer l'équipement de l'énergie

Les points de charge eux-mêmes ressemblent à un équipement de base vie : ils sont là pour tous, leur coût est fixe et connu. Les inscrire en dépense commune est cohérent, à condition que toutes les entreprises y aient effectivement accès.

L'électricité des recharges est d'une autre nature. Contrairement à l'éclairage du chantier, elle alimente des véhicules identifiables, appartenant à des entreprises précises, en quantités très inégales. La noyer dans la consommation générale revient à faire subventionner les flottes électrifiées par celles qui ne le sont pas, et c'est le type de sujet qui envenime une réunion de chantier.

Trois schémas possibles

Le schéma mixte, le plus équilibré des trois, suppose un outil de mesure. La supervision attribue chaque session de charge à un badge, donc à une entreprise, et produit un relevé périodique qui sert de justificatif.

SchémaPoints de chargeÉlectricitéÀ retenir
Tout au prorataCompte prorataCompte prorataSimple, mais inéquitable dès que les usages divergent
MixteCompte prorataRefacturée au réel par entrepriseLe plus équilibré sur un chantier multi-entreprises
Tout au réelÀ la charge de l'entreprise qui commandeRefacturée au réelAdapté quand une seule entreprise est demandeuse

Ce qu'il faut écrire dans la convention

  • La liste des équipements de recharge considérés comme communs, avec leur nombre.
  • Le mode de répartition de l'énergie : au prorata ou au réel, et sur la base de quel relevé.
  • Le prix du kilowattheure retenu pour la refacturation, ou sa règle de calcul à partir de la facture du chantier.
  • La périodicité des relevés et qui les établit.
  • Les règles d'attribution des badges, traitées dans notre guide sur l'accès des sous-traitants.

Questions fréquentes

Les bornes de recharge peuvent-elles entrer au compte prorata ?

Oui, si la convention de compte prorata le prévoit. Les points de charge mis à disposition de toutes les entreprises s'apparentent à un équipement commun de la base vie.

L'électricité des recharges doit-elle être répartie au prorata des marchés ?

Ce n'est pas le plus équitable : les consommations dépendent des flottes de chaque entreprise. Une refacturation au réel, à partir des relevés de la supervision, évite que certains paient pour les autres.

Comment mesurer la consommation de chaque entreprise ?

Par l'identification des sessions de charge : chaque badge est rattaché à une entreprise, et la supervision totalise les kilowattheures par badge sur la période.

Qui gère la refacturation ?

Le gestionnaire du compte prorata, ou l'entreprise titulaire du contrat d'électricité du chantier. Le relevé issu de la supervision lui fournit les quantités par entreprise.

Pour aller plus loin

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