Pourquoi l'électrique peut donner le mal des transports
Le mal des transports naît d'un conflit sensoriel : l'oreille interne perçoit des mouvements que les yeux, sur un écran ou un livre, ne confirment pas. L'électrique peut amplifier trois facteurs : la régénération qui multiplie les décélérations à chaque lever de pied, le couple immédiat qui rend les relances plus franches, et le silence qui supprime le bruit moteur, l'indice qui annonçait inconsciemment les changements d'allure.
Les études sur le sujet convergent : ce n'est pas la motorisation qui rend malade, c'est le profil d'accélérations. Une électrique conduite en souplesse produit moins de sollicitations qu'une thermique à boîte manuelle et ses à-coups de rapports ; conduite en pompage régénératif permanent, elle secoue les vestibules sensibles.
Les réglages qui changent tout
- Réduire la régénération quand des passagers sensibles sont à bord : le mode faible ou roue libre transforme la voiture en berline classique très douce ; la récupération d'énergie perdue est marginale sur un trajet occasionnel.
- Éviter la conduite à une pédale en ville avec passagers : c'est le pompage lever-appuyer qui fatigue les estomacs, pas la décélération en soi.
- Utiliser le régulateur adaptatif sur voie rapide : ses transitions calculées sont plus progressives que le pied le plus doux.
- Anticiper loin : une seule décélération longue vaut mieux que trois corrections, la règle d'or de l'écoconduite sert aussi les passagers.
- Ventiler l'habitacle et modérer le chauffage : l'air tiède et confiné aggrave tous les maux des transports, en électrique comme ailleurs.
Et côté passagers
Les classiques restent valables : regarder la route plutôt que l'écran, préférer les places avant, fractionner les longs trajets, et pour les enfants sujets au mal des transports, caler les pauses sur les arrêts recharge, le rythme des longs trajets électriques tombant naturellement toutes les deux heures, exactement la cadence que recommandent les pédiatres.
Le mot de la fin est rassurant : l'immense majorité des passagers ne ressent rien, et ceux qui ressentent quelque chose voient le symptôme disparaître avec les réglages ci-dessus ou une simple habituation de quelques trajets. Si le sujet vous concerne, testez le mode de régénération doux dès la prise en main : c'est un réglage de trente secondes, pas une fatalité.